Afrique centrale: Raffineries à bout de souffle

La Société nationale de raffinage (Sonara) peut dire merci au gouvernement camerounais. Depuis le 1er juillet, le prix des carburants à la pompe, gelé depuis six ans, a été réajusté, ce qui allège la pression sur ses finances. Mais la décision politique n’évacue pas le problème de solvabilité de l’unique raffinerie du pays.

Au Cameroun comme au Gabon et au Congo, le retard de paiement de cette compensation conduit les raffineurs à se financer « à court terme, à taux très élevé pour maintenir l’exploitation », souligne Robert Nken, responsable du bureau congolais de KPMG.

Créées il y a plus de trente ans dans le but d’affirmer la souveraineté énergétique, les raffineries d’Afrique centrale ont depuis longtemps mis de côté tout souci de rentabilité. En dépit des injonctions des institutions de Bretton Woods, qui exigent le remplacement des tarifs administrés par des aides ciblées, ce soutien public n’est pas près de s’arrêter. « Les subventions restent un défi majeur pour la rentabilité des raffineries africaines qui, dans une large mesure, est liée au degré de réglementation locale », souligne Rolake Akinkugbe, responsable du département énergie et ressources naturelles à la First National Bank. La sous-utilisation des capacités installées fait grimper les prix de production.

Théoriquement capable de traiter annuellement un million de tonnes, la Congolaise de raffinage (Coraf) va rarement au-delà des 600 000 tonnes du fait d’installations obsolètes. « Ces facteurs, combinés à une masse salariale importante et à une assistance technique onéreuse, rendent ces installations moins compétitives que les raffineries du Nigeria, du Venezuela, et même d’Europe », observe Elias Pungong, responsable des hydrocarbures en Afrique chez Ernst & Young.

source: www.jeuneafrique.com